Débrider un vélo électrique : risques, méthodes et alternative légale

| le 21 juin, 2026

Débrider un vélo électrique pour dépasser les 25 km/h : une tentation compréhensible quand on cherche plus de vitesse. Pourtant, entre les promesses de kits bon marché et la réalité légale, l’écart est immense. Voici ce qu’il faut savoir avant de modifier votre VAE.

  • Légalité : Interdiction totale sur voie publique, assistance coupée à 25 km/h.
  • Risques : Amendes, confiscation, suspension de permis, perte de garantie et refus d’assurance.
  • Méthodes : Kit puce, aimant, flash logiciel ou changement de contrôleur, toutes illégales sur route.
  • Alternative légale : Le Speedbike, homologué pour 45 km/h, immatriculé et assuré.

Bridage des VAE : pourquoi la limite à 25 km/h est obligatoire et ce que vous risquez

Sur un vélo à assistance électrique, le moteur n’est pas là pour vous remplacer, mais pour vous accompagner jusqu’à une vitesse précise. En France, cette limite est fixée à 25 km/h. Au-delà, l’assistance doit se couper automatiquement. C’est ce qui définit un VAE aux yeux du Code de la route (article R311-1) : un cycle équipé d’un moteur auxiliaire d’une puissance nominale continue maximale de 250 watts, dont l’assistance se désengage quand vous atteignez 25 km/h, ou si vous cessez de pédaler.

Pourquoi ce chiffre et pas 30 ou 40 km/h ? Pour que le vélo électrique reste un vélo. Il circule sur les pistes cyclables, ne nécessite ni plaque, ni permis, ni assurance dédiée. C’est un compromis entre sécurité, fluidité du trafic et accessibilité. Les constructeurs installent un capteur de vitesse (souvent sur la roue ou dans le pédalier) relié au contrôleur moteur. Quand le capteur détecte que la vitesse de rotation correspond à 25 km/h, le contrôleur coupe l’alimentation du moteur. Simple, efficace, obligatoire.

Débrider un vélo électrique, c’est le transformer illégalement en cyclomoteur non homologué. Les sanctions prévues par la loi sont lourdes :

  • Amende jusqu’à 30 000 € et deux ans d’emprisonnement (article L.317-1 du Code de la route)
  • Suspension ou annulation du permis de conduire pour trois ans maximum
  • Confiscation du véhicule
  • Requalification en cyclomoteur : défaut d’immatriculation, défaut d’assurance spécifique, non-port de gants et de casque homologué
  • En cas d’accident corporel avec un vélo débridé, votre assurance responsabilité civile peut refuser de couvrir les dommages, vous laissant seul face à l’indemnisation des victimes

Les constructeurs ne brident pas par plaisir. C’est l’homologation du véhicule qui est en jeu. Un VAE bridé à 25 km/h est un produit de grande consommation, soumis aux normes européennes (EN 15194). Un vélo débridé est hors norme, hors cadre légal, et hors couverture assurantielle.

Dans un atelier de réparation, on voit passer régulièrement des vélos modifiés. Certains utilisateurs pensent que le risque est minime, que « personne ne vérifie ». La réalité est différente. Les forces de l’ordre disposent de bancs de test mobiles et de logiciels de diagnostic capables de détecter une modification en quelques minutes. Et un accident, même mineur, peut déclencher une expertise complète du véhicule.

Malgré ces risques, certains continuent de chercher des moyens de contourner le bridage. Voyons comment ces méthodes fonctionnent, leurs particularités, et ce qu’elles impliquent réellement pour votre moteur et votre sécurité.

Méthodes de débridage : tableau comparatif et description détaillée

Il existe quatre approches principales pour forcer un VAE à dépasser 25 km/h en continu. Chacune a son principe de fonctionnement, ses contraintes, et ses risques immédiats pour le véhicule. Voici une vue d’ensemble avant d’entrer dans le détail technique.

Méthode Principe Réversibilité Prix moyen Risque d’erreur moteur Légalité voie publique
Kit puce électronique Intercepte et divise le signal du capteur de vitesse Immédiate (déconnexion) 100 à 200 € Faible à modéré Strictement interdit
Aimant Double les impulsions reçues par le capteur de pédalier ou de roue Immédiate (retrait de l’aimant) 5 à 20 € Élevé (surchauffe, erreurs) Strictement interdit
Modification logicielle (flash) Reflash de l’EPROM ou du firmware pour supprimer la limite Partielle, parfois irréversible 50 à 300 € (logiciel ou prestation) Modéré (risque de brique) Strictement interdit
Changement du contrôleur Remplacement du contrôleur d’origine par un modèle non bridé Réinstallation du contrôleur d’origine possible 100 à 400 € Élevé sans réglages adaptés Strictement interdit

En usage hors voie publique, sur terrain privé et fermé, ces méthodes restent techniquement les mêmes. Mais l’interdiction tombe dès que le vélo circule sur route, chemin forestier, voie verte ou piste cyclable.

Kit de débridage par puce électronique : installation et précautions

Le kit puce est la méthode la plus répandue pour les moteurs centraux. Il s’agit d’un petit boîtier électronique qui s’intercale sur le connecteur du capteur de vitesse. Son rôle ? Diviser par deux le nombre d’impulsions envoyées au contrôleur. Résultat : quand vous roulez à 25 km/h réels, le moteur reçoit une information correspondant à 12,5 km/h et continue d’assister, parfois jusqu’à 40 ou 45 km/h.

L’installation sur les moteurs Bosch, Brose ou Yamaha se fait généralement sans soudure. On repère le capteur de vitesse (souvent sur la base arrière, près de l’axe de roue), on déclipse le connecteur, on insère le boîtier, et on relève le câblage dans le cadre. Une opération de dix minutes pour un bricoleur habitué.

L’avantage, c’est la réversibilité immédiate : on retire le kit, le vélo redevient conforme en apparence. Le piège, c’est la détection. Certains firmwares récents, notamment chez Bosch, enregistrent les anomalies de signal. Lors d’une mise à jour en atelier, une incohérence dans les logs peut trahir la présence passée d’un kit. La garantie saute, même si le kit a été retiré.

Débridage à l’aimant : simple mais risqué

La méthode de l’aimant fait appel à une astuce physique plutôt qu’électronique. L’idée : coller un aimant supplémentaire (souvent un petit néodyme) sur le capteur de pédalier ou sur l’aimant du rayon, pour que le capteur détecte deux fois plus d’impulsions par tour de roue. Le contrôleur, croyant que la roue tourne deux fois moins vite, maintient l’assistance bien au-delà de 25 km/h.

C’est tentant parce que ça coûte presque rien et que ça ne nécessite aucun démontage électronique. Un aimant, un peu de colle, et on pense avoir « gagné ». En réalité, cette méthode génère des erreurs de lecture fréquentes. Le moteur reçoit des signaux incohérents, ce qui peut provoquer des coupures soudaines d’assistance, des à-coups désagréables, et une surchauffe du moteur à haute vitesse.

Les moteurs roue arrière y sont particulièrement vulnérables, car leur refroidissement est moins efficace que celui d’un moteur central. Une utilisation prolongée avec un aimant peut réduire la durée de vie du moteur de plusieurs milliers de kilomètres. Sans parler de l’usure de la batterie, sollicitée à des régimes pour lesquels elle n’a pas été calibrée.

Modification du logiciel (flash) : la solution radicale

Quand on entend « flasher le moteur », il s’agit d’accéder au firmware du contrôleur ou à la mémoire EPROM du système, pour effacer numériquement la limite de vitesse. Cette opération se fait avec un câble de programmation spécifique et un logiciel souvent non officiel, téléchargé sur des forums spécialisés. Elle concerne surtout les systèmes dont l’électronique n’est pas trop verrouillée.

Le risque principal ? Bricker le contrôleur. Une erreur de protocole, une coupure pendant le flash, et le moteur devient inerte. Pas de retour en arrière possible sans remplacer la carte électronique. Le flash laisse aussi des traces numériques que les outils de diagnostic en concession peuvent repérer. Même sans erreur, le simple fait que les paramètres aient été modifiés suffit à annuler définitivement la garantie constructeur.

Cette méthode attire les utilisateurs qui veulent un résultat « propre » sans boîtier externe visible. Mais elle est la plus irréversible des quatre, et la plus complexe à réaliser correctement sans vraiment connaître l’électronique embarquée.

Changer le contrôleur moteur : une option pour bricoleurs avertis

Sur les vélos équipés de moteurs non propriétaires, en particulier certains moteurs roue arrière génériques ou des kits d’électrification, il est parfois possible de remplacer entièrement le contrôleur par un modèle non bridé. On retire le boîtier d’origine, on connecte un contrôleur compatible (en vérifiant la tension, le courant max, et le type de capteur), et on alimente le moteur sans limitation logicielle.

L’opération demande de bonnes bases en électricité vélo. Il faut adapter les connecteurs, parfois souder, et surtout s’assurer que le capteur de couple (si le vélo en est équipé) fonctionne encore correctement avec le nouveau contrôleur. Sans ce réglage, l’assistance devient binaire : tout ou rien. Le confort de pédalage disparaît.

Un contrôleur débridé impose un stress immédiat sur toute la chaîne de puissance. Les freins d’origine, prévus pour un vélo de 25 km/h, sont sous-dimensionnés à 40 km/h. La transmission (chaîne, plateau, cassette) s’use plus vite. Et comme pour les autres méthodes, rouler sur route ouverte avec un tel montage transforme votre vélo en cyclomoteur illégal, sans immatriculation ni assurance adaptée.

Compatibilité par marque : débrider un Bosch, Brose, Yamaha ou un moteur roue arrière

Tous les moteurs ne réagissent pas de la même façon aux tentatives de débridage. Chaque constructeur a sa propre architecture de capteurs, ses protections logicielles, et ses mises à jour firmware qui compliquent la tâche. Voici un point complet par grande famille de motorisation.

Moteur de vélo électrique et contrôleur électronique démontés sur un établi, révélant les capteurs et les connecteurs sur fond sombre.

Bosch Performance Line et CX

C’est le système le plus répandu sur le marché premium, et aussi le plus verrouillé. Les moteurs Bosch récents (à partir de 2020) intègrent un capteur de vitesse sophistiqué et une détection des anomalies dans le signal.

Ce qui est tenté le plus souvent : les kits puces compatibles Bosch (type tuning dongle) fonctionnent encore sur certains firmwares. Ils se branchent sur le capteur de vitesse et divisent le signal. Mais l’aimant est fortement déconseillé sur ces moteurs : Bosch a programmé des seuils d’erreur qui déclenchent un code défaut (erreur 503) et coupent l’assistance quand le signal devient incohérent. Le flash logiciel est extrêmement difficile, le firmware étant crypté et signé numériquement.

Le risque à connaître : les mises à jour logicielles en atelier (lors de l’entretien annuel) peuvent détecter un historique d’irrégularités. Même si le kit a été retiré, le contrôleur garde des traces. Résultat : garantie annulée, et parfois blocage du moteur jusqu’à réparation payante.

Brose et moteurs centraux Décathlon

Les moteurs Brose, que l’on trouve notamment sur les vélos Décathlon (Rockrider E-ST), les Specialized Turbo, ou certains Bulls, reposent souvent sur des capteurs internes au moteur plutôt que sur un aimant de rayon classique. Le capteur de vitesse est intégré au carter moteur.

Ce qui est tenté : il existe des kits puces spécifiques pour Brose, mais leur installation est plus invasive (parfois une connexion sur le capteur interne). La réversibilité est limitée car le démontage du carter moteur laisse des traces visibles. L’aimant externe ne fonctionne pas sur cette architecture, ce qui élimine la méthode « économique ». Le flash est peu documenté publiquement, et les risques de brique sont élevés.

Attention : certains vélos Décathlon récents utilisent des contrôleurs propriétaires peu compatibles avec les kits génériques. Vérifier la génération exacte du moteur est indispensable, sous peine de griller un connecteur ou de déclencher une erreur permanente.

Yamaha PWseries

Les moteurs Yamaha équipent de nombreuses marques (Giant, Haibike, Lapierre, Moustache sur certaines gammes). La documentation sur leur débridage est moins abondante que pour Bosch, mais des kits spécifiques existent, souvent développés par des fabricants allemands ou néerlandais.

Ce qui est tenté : les kits puces compatibles Yamaha se branchent sur le capteur de vitesse, avec un paramétrage adapté au protocole Yamaha. Mais le firmware Yamaha est mis à jour régulièrement, et certaines versions récentes intègrent une détection de tuning. Un kit qui fonctionnait en 2022 peut ne plus être compatible après une mise à jour 2024. Le flash logiciel est théoriquement possible mais très rare, faute d’outils grand public fiables.

À savoir : les moteurs Yamaha sont réputés robustes, mais une sollicitation prolongée au-dessus de 25 km/h peut entraîner une surchauffe du capteur de couple, pièce coûteuse à remplacer.

Moteurs roue arrière (Nakamura, Decathlon, génériques)

Les moteurs roue arrière constituent la catégorie la plus large sur le marché d’entrée et milieu de gamme. Leur électronique est généralement plus simple : un capteur de vitesse externe sur le rayon, un contrôleur standard, et moins de protections logicielles sophistiquées.

Ce qui est tenté : la méthode de l’aimant est ici la plus rapide et la moins chère. Un simple aimant supplémentaire collé sur le rayon suffit parfois à tromper le capteur. Le changement de contrôleur est aussi plus accessible, car les connecteurs sont souvent standards. Les kits puces fonctionnent également pour ceux qui préfèrent une solution électronique réversible. Mais l’absence de protections signifie aussi que le moteur peut être poussé dans des régimes dangereux pour sa mécanique interne : échauffement des bobinages, démagnétisation partielle de l’aimant permanent, usure accélérée des roulements.

Rappel important : passer un moteur roue arrière à 40 km/h sans améliorer le système de freinage est particulièrement dangereux. Les freins à disque mécaniques d’entrée de gamme, typiques de ces vélos, ne sont pas conçus pour dissiper l’énergie cinétique d’un véhicule de 25 kg lancé à ces vitesses. En descente, le risque de fading (perte d’efficacité des freins) devient très réel.

Les répercussions techniques et juridiques : usure, garantie et assurance

Un vélo électrique est un système calibré. Chaque composant — moteur, batterie, contrôleur, transmission — est dimensionné pour fonctionner dans une plage de vitesses et de contraintes précises. Forcer l’assistance au-delà de 25 km/h fait sortir l’ensemble de ce cadre. Voici ce qui casse le plus vite, et ce que votre contrat d’assurance en pense.

Gros plan macro révélant un disque de frein fortement rayé, une chaîne effilochée et des plaquettes de frein dégradées de vélo électrique, avec éclairage latéral dramatique sur fond sombre.

Les composants qui cassent le plus vite après un débridage

Le moteur : un VAE qui roule à 35 ou 40 km/h en assistance continue impose au moteur de tourner à un régime plus élevé. Pour un moteur central comme un Bosch CX, cela signifie une température interne qui grimpe plus vite, une dégradation prématurée des roulements, et des courants électriques plus intenses que ceux prévus par la carte électronique. Les pannes de capteur de couple sont aussi plus fréquentes.

La batterie : une batterie lithium-ion de VAE est conçue pour un certain nombre de cycles charge-décharge dans des conditions normales. À vitesse élevée, la demande en courant augmente, les décharges sont plus profondes et plus rapides. Résultat : l’autonomie chute, et la capacité de la batterie diminue plus vite. Au bout de quelques centaines de kilomètres en mode débridé, une batterie peut perdre 20 à 30 % de sa capacité d’origine, là où elle aurait tenu des milliers de kilomètres en usage normal.

Une batterie peut perdre 20 à 30 % de sa capacité après seulement quelques centaines de kilomètres en mode débridé.

Les freins : passer de 25 à 40 km/h double presque l’énergie cinétique à dissiper lors d’un freinage d’urgence. Des freins à disque mécaniques de 160 mm, courants sur les VAE d’entrée de gamme, sont totalement sous-dimensionnés. Même des disques de 180 mm avec étriers hydrauliques peuvent montrer des signes de fatigue : plaquettes vitrifiées, disques voilés, liquide de frein qui chauffe et perd en efficacité.

La transmission : chaîne, cassette, plateau, dérailleur. Quand le moteur continue de pousser à vitesse élevée, la tension sur la chaîne est permanente. Les dents de cassette s’usent plus vite, le plateau se creuse, la chaîne se détend. Un changement de cassette tous les 800 km n’est pas rare sur un vélo débridé, là où une transmission bien entretenue peut tenir 3000 à 5000 km en usage normal.

Garantie constructeur : l’annulation immédiate

Tous les constructeurs incluent dans leurs conditions générales de vente une clause qui exclut les dommages liés à une modification non autorisée du système d’assistance. En clair : si vous installez un kit puce, un aimant, ou si vous flashez le contrôleur, la garantie légale de conformité et la garantie commerciale tombent. Même pour un problème de roulement ou de connecteur sans lien apparent avec le débridage — l’expertise détectera l’anomalie électronique et la garantie sera refusée.

Bosch, par exemple, utilise des outils de diagnostic (le Bosch DiagnosticTool) qui enregistrent les paramètres de fonctionnement du moteur. Une vitesse maximale enregistrée supérieure à la limite constructeur, des pics de régime anormaux, ou des codes d’erreur incohérents suffisent à prouver la modification. Le coût des réparations reste alors entièrement à votre charge.

Assurance : le vrai risque financier

C’est l’angle mort de beaucoup d’utilisateurs. Votre assurance multirisque habitation couvre généralement votre responsabilité civile pour un VAE non débridé. Mais si le vélo a été modifié pour dépasser 25 km/h, il est requalifié juridiquement en cyclomoteur. Or, un cyclomoteur doit être immatriculé, assuré avec une garantie spécifique, et son conducteur doit détenir un permis adapté.

En cas d’accident avec un vélo débridé :

  • L’assureur peut invoquer une fausse déclaration ou un défaut d’assurance et refuser toute indemnisation.
  • Les victimes (piéton, cycliste, automobiliste) se retournent alors contre vous personnellement.
  • Les dommages corporels peuvent se chiffrer en centaines de milliers d’euros. Sans assurance, c’est votre patrimoine personnel qui répond des conséquences.

En cas d’accident avec un VAE débridé, votre assureur peut refuser toute indemnisation et vous laisser seul responsable des dommages.

Même sans accident, un contrôle routier peut suffire. Si les forces de l’ordre testent le vélo et constatent une assistance au-delà de 25 km/h, elles peuvent saisir le véhicule. Pour le récupérer, il faudra prouver une mise en conformité, une immatriculation, et une assurance cyclomoteur valide.

Face à ces risques, une alternative légale existe et mérite d’être regardée de près.

Alternative légale : le Speedbike, le compromis entre vitesse et sérénité

Si l’objectif est de rouler plus vite tout en restant dans les clous, le speedbike (ou S-Pedelec) est la seule réponse homologuée. Ce sont des vélos à assistance électrique capables de vous assister jusqu’à 45 km/h, mais avec un cadre réglementaire complètement différent.

Un speedbike, c’est un cyclomoteur de classe L1e-B. Il doit être immatriculé (carte grise, plaque), assuré avec une garantie responsabilité civile cyclomoteur, et son conducteur doit porter un casque homologué (norme ECE 22.05 ou 22.06), des gants, et détenir au moins le permis AM (ex-BSR) ou le permis B. Il est interdit sur les pistes cyclables, sauf dérogation locale explicite.

Un speedbike élégant roule sur une route ouverte à l

Débridage vs Speedbike : le match

Critère VAE débridé (25 → 40 km/h) Speedbike homologué (45 km/h)
Vitesse max légale Illégale sur route 45 km/h (légal sur route)
Coût initial 1500 à 4000 € (vélo + kit) 3500 à 8000 € (neuf)
Assurance Refus de couverture en cas d’accident Assurance cyclomoteur obligatoire (~100 à 200 €/an)
Immatriculation Aucune (illégal) Obligatoire (carte grise, plaque)
Risque juridique Amende, confiscation, poursuites pénales Aucun si le véhicule est en règle
Valeur de revente Nulle ou faible (modification illégale) Bonne (marché du speedbike structuré)
Sécurité Freinage et éclairage d’origine non prévus pour 40 km/h Freins surpuissants, éclairage de type moto, pneus renforcés
Couverture corporelle Aucune garantie de prise en charge Couverture assurantielle complète
Usage voie publique Interdit Autorisé (hors pistes cyclables)

Le Speedbike coûte plus cher à l’achat, mais il est légal, assuré et construit pour la vitesse.

Quand on regarde le coût total sur trois ou quatre ans — achat, kit, sur-équipement en freinage, risque d’amende, absence de valeur de revente — le budget d’un VAE débridé peut s’approcher dangereusement de celui d’un speedbike. Sans la tranquillité d’esprit, et avec un vélo techniquement moins fiable car sollicité hors spécifications.

Quelques speedbikes disponibles sur le marché

  • Riese & Müller Supercharger2 : l’un des référents du segment, moteur Bosch Performance Speed, double batterie optionnelle, à partir d’environ 6000 €.
  • Moustache Samedi 28.5 Speed : fabrication française, design soigné, moteur Bosch Speed, autour de 5000 €.
  • Stromer ST3 : moteur roue arrière très coupleux, connectivité avancée, à partir de 6000 € environ.
  • Bergamont E-Horizon SUV Speed : position plus accessible, polyvalent, sous les 5000 €.

Certaines régions proposent encore des aides à l’achat pour les vélos électriques, parfois étendues aux speedbikes sous conditions. C’est à vérifier auprès de votre métropole ou conseil régional.

Le speedbike n’est pas le choix du compromis : c’est celui de la sérénité. Vous roulez vite, vous êtes couvert, et vous ne regardez pas dans le rétroviseur à chaque contrôle de gendarmerie.

FAQ : vos questions sur le débridage des vélos électriques

Un vélo électrique stationné sous un ciel dramatique, à côté d

Comment augmenter la vitesse d’un vélo électrique ?

L’augmentation de la vitesse passe par une modification du système électronique pour tromper le capteur de vitesse. Cela peut se faire avec un kit puce, un aimant ou un flash logiciel. Mais sur voie publique, l’assistance au-delà de 25 km/h est strictement interdite et lourdement sanctionnée.

Comment supprimer la limitation de vitesse sur un vélo électrique ?

La suppression de la limitation s’obtient en modifiant le signal envoyé au contrôleur moteur, via un boîtier externe, un aimant supplémentaire ou un reflash du firmware. Toutes ces méthodes sont illégales sur route et annulent systématiquement l’homologation du véhicule comme VAE.

Quel vélo électrique peut-on débrider ?

Quasiment tous les modèles peuvent être débridés, mais la facilité varie selon le moteur. Les moteurs roue arrière simples sont plus accessibles que les systèmes Bosch ou Brose récents, qui intègrent des protections logicielles rendant l’opération plus risquée et plus facilement détectable.

Comment puis-je débloquer la vitesse de mon vélo électrique ?

Les méthodes sont détaillées plus haut : kit puce sur le capteur, aimant, flash du firmware, ou changement de contrôleur. Chacune a ses risques techniques. Et quelle que soit la méthode retenue, la garantie constructeur est annulée dès que l’intervention est détectée.

Est-il légal de rouler avec un vélo électrique débridé sur la voie publique ?

Non. Rouler avec un VAE débridé sur la voie publique est strictement interdit. Le véhicule est alors considéré comme un cyclomoteur non homologué, ce qui expose à une amende, une suspension de permis, la confiscation du vélo, et la perte de la couverture assurantielle.

Le débridage d’un VAE annule-t-il la garantie et l’assurance ?

Oui. La garantie constructeur est annulée dès qu’une modification est détectée. Pour l’assurance, un vélo débridé n’est plus un VAE au sens juridique : en cas d’accident, l’assureur peut refuser toute prise en charge et laisser le conducteur seul responsable des dommages.

Débrider ou non : la décision éclairée

Débrider un vélo électrique, c’est prendre trois risques majeurs en même temps. Un risque mécanique : usure prématurée du moteur, de la batterie et des freins, avec des réparations coûteuses et une garantie qui ne couvre plus rien. Un risque juridique : amende, confiscation, suspension de permis, et dans les cas les plus graves, une condamnation pénale. Un risque financier : sans couverture d’assurance valide, un accident peut engager votre responsabilité personnelle pour des sommes considérables.

Le Speedbike, lui, offre une réponse claire. Plus cher à l’achat, certes, mais parfaitement légal, assuré, et construit pour la vitesse dès la conception. Quand on compare les coûts totaux sur la durée de vie du véhicule, l’écart n’est pas toujours en faveur du débridage.

Le vrai plaisir du vélo électrique n’est pas dans une pointe à 40 km/h. Il est dans la régularité, le confort, la capacité à monter des côtes sans souffrance, à rallonger les distances sans appréhension. Tout ça, un VAE dans les clous vous le donne déjà. Et si vous voulez vraiment plus de vitesse, autant le faire dans un cadre qui protège à la fois votre intégrité, votre portefeuille et votre liberté de rouler.

Tonyo Tito

Tonyo, est le créateur du site toptrottinette.com. Au cours des 7 dernières années, j'ai testé de nombreuses trottinettes classiques et électriques afin de constituer une base sur mon site web Toptrottinette.com dans le but d'aider le maximum de personnes à trouver la bonne trottinette. Toutes les trottinettes que j'examine sont soumis à un processus d'examen rigoureux afin que je puisse clairement distinguer laquelle est meilleure ou pire qu'une autre.

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